Un peu de rose, un peu de vent, un peu de rêves, un peu d'absence, un peu de vous...un peu de moi.

dimanche 4 novembre 2007

Automne spirit



Allongé sur son canapé en cuir noir, la tête posée sur l’accoudoir, il pense… Doucement, sans s’en apercevoir vraiment il tombe dans la douceur confortable du sommeil.

Il la retrouve, comme toujours, elle est là, elle l’attend.

Elle est accroupie et fait glisser des longs doigts dans l’herbe humide, l’air absent. Elle relève les yeux et lui sourie.


Il s’assoit et la regarde se relever avec grâce. Elle sait déjà qu’il ne bougera plus, il restera assis là, à la contempler. Ils ne chercheront pas non plus à se parler, les mots n’ont pas lieu d’être dans cet échange entendu.


Entièrement nue, ses longs cheveux ondulés retombent parfaitement sur sa poitrine, formant un rideau protecteur sur ses tétons courroucés par la morsure du froid.

Elle avance doucement vers le sous bois. Ses pieds caressent le tapis doré de feuilles mortes, elle lui semble si légère, aussi légère qu’une illusion.


Le silence est total.
Il la suit du regard lorsqu’elle s’enfonce dans la pénombre. Sa peau claire contraste avec l’écorce des arbres alentour.


Elle marche sereine, les bras ouverts laissant ses mains jouer avec les buissons.

Elle sait qu’il la regarde attentivement, ses lèvres esquissent un sourire.


Elle s’arrête devant « L’ancêtre ». C’est l’arbre le plus vieux, le plus majestueux. Imposant, on ne peut distinguer sa cime.


C’est ce rendez vous qu’elle aime lui offrir, elle sait qu’il ne veut pas en perdre une miette. Il s’en délecte avidement. Elle n’a pas besoin de se retourner vers lui pour savoir que ses yeux sont en train de la dévorer.


Elle fait le tour du tronc, laissant ses mains apprivoiser son écorce.

Il lui semble qu’elle murmure quelque chose, il plisse les paupières pour ne rien manquer de la scène. Il ne peut détourner son regard du ballet de cette jeune femme étrange, lévitant autour de cet arbre géant.


Son corps nu se colle contre le bois, elle ferme ses yeux et s’abandonne dans cet échange de peau.



« Une goutte de mon sang… »

Le chant lointain d’un oiseau.

« Un litre de ma sève… »



Elle relève la tête, grimper c’est le but qu’elle c’est fixé.

Elle commence alors son ascension.


Au loin, toujours assis, il a l’impression, comme à chaque fois, que l’arbre s’abaisse, se courbe, se tord, fais le dos rond pour lui éviter de tomber.


Elle grimpe, avec agilité et assurance.

Elle va dans un monde qui ne lui ai pas hostile, parce que c’est Elle.


Les oiseaux dans leurs nids ne s’effraient pas de voir se poser un pied sur leur branche. Pas de cris, pas de vent, juste un petit grincement parfois.

Elle arrive au sommet, le léger balancement de la cime la berce.

Il la regarde avec envie. Il aimerait être à sa place…mais il ne bouge pas, il sait qu’il n’en à plus pour longtemps.


Il l’aperçoit déjà se mettre sur la pointe des pieds, elle se redresse, ses mains lâchent la dernière branche qui la retenait.


Doucement, elle écarte les bras, lève la tête vers le ciel, ses paupières se referment.

Il retient son souffle, elle se laisse aller à la renverse confiante, vers une chute inévitable.

Un clignement de cils, elle a disparue.

Un battement d’ailes de papillon…

Il la retrouvera bientôt, il l’espère.


Puis le froid saisissant, la gorge sèche il se relève.

Le cuir du canapé grince sous son corps engourdit.

Un courant d’air à ouvert la fenêtre…Le vent joue dans le voilage.
Il s’avance, tend la main au dehors…


Il neige et ça, ce n'est pas une illusion.

2 commentaires:

SAATI N' OUROS a dit…

Erotisme onirique? toujours aussi poêtique, decidement tu vas en faire un style, mais ça te vas bien. Dis des litres de séves, ça fait pas beaucoup? (ahahahaha)

B a dit…

Le rêve, la nostalgie et la mélancolie sont les trois ingrédients de ta recette. Continue de les doser élégamment, parsème les d'une touche d'espoir comme tu fais, et ce sera toujours un franc succès ;)